Gestes, postures et gants

Fiche interne, deux pages. À remettre à chacun et à commenter — les gestes se montrent, ils ne se lisent pas.

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Les gestes
et les postures

Montage de palettes, dispatch, filmage à la main : on répète le même geste des centaines de fois par jour. Ce n'est pas la charge lourde qui casse un dos, c'est la mauvaise position répétée.

SPE · ARA & Co
Cellule C2
50 rue Jean Zay
69800 Saint-Priest

Regarde le dos — c'est la seule chose à retenir

✓ Oui
Genoux pliés, dos droit, charge contre soi.
✗ Non
Jambes tendues, dos rond. C'est le geste qui bloque.
✓ Oui
On tourne avec les pieds, tout le corps ensemble.
✗ Non
Buste tourné, charge à bout de bras. Le pire des deux.

Soulever, dans l'ordre

S'approcher. La charge contre les jambes, pas à bout de bras. Chaque centimètre d'éloignement multiplie l'effort sur les lombaires.
Caler les pieds. Écartés de la largeur des épaules, un pied légèrement avancé, à plat.
Plier les genoux, descendre en gardant le dos droit et la tête relevée. On regarde devant, pas ses pieds.
Saisir à pleines mains, en diagonale — une main dessous, une main au coin opposé. Jamais du bout des doigts.
Se relever avec les jambes, en soufflant. Le dos ne fait que transmettre, il ne tire pas.
Tourner avec les pieds. Jamais le buste seul, jamais en tenant la charge.
La règle qui évite la moitié des accidents

Si c'est trop lourd, trop haut ou trop loin : on ne force pas, on appelle. Un transpalette, un chariot, ou quelqu'un à deux. Se faire mal pour éviter d'attendre deux minutes n'a jamais fait gagner de temps à personne.

Les limites de charge

Ce que ça viseLimiteD'où ça vient
Port habituel, un homme25 kg Recommandation INRS · norme NF X35-109
Port habituel, une femme15 kg Recommandation INRS · norme NF X35-109
Au-delà — port interdit sauf avis du médecin du travail55 kg Code du travail, art. R4541-9
Jamais, en aucun cas, à la main105 kg Code du travail, art. R4541-9

Ce sont des plafonds, pas des objectifs. Une charge de 15 kg soulevée deux cents fois dans la journée abîme davantage qu'une charge de 30 kg soulevée une fois.

⚠ Cette fiche informe, elle ne remplace pas la formation. La formation aux gestes et postures est obligatoire dès qu'il y a manutention manuelle (Code du travail, art. R4541-8), et elle se fait avec un formateur, en montrant.

Les gants
et les coupures

Au dépôt, on ne se coupe presque jamais sur ce qu'on croit : c'est le film étirable et le cutter qui envoient les gens aux urgences, pas les palettes.

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Cellule C2
Port des gants obligatoire
pour filmer, monter une palette, ouvrir un carton

Quels gants, et comment les lire

  • La norme est la EN 388. Elle est imprimée sur le gant, avec quatre chiffres et une lettre.
  • Le chiffre qui compte ici est le deuxième — la résistance à la coupure — et la lettre de A à F qui la mesure plus finement. Niveau C minimum pour le filmage et le carton.
  • Un gant à la bonne taille. Trop grand, il accroche ; trop petit, on l'enlève au bout d'une heure et on travaille sans.
  • Un gant déchiré ne protège plus : on le change, on ne le répare pas.
  • ⚠ Jamais de gants près d'une pièce en rotation — filmeuse mécanique, convoyeur. Le gant entraîne la main.

Filmer une palette à la main

  • Le film coupe. Sous tension, son bord est une lame — c'est la coupure la plus fréquente, et elle surprend toujours.
  • On marche autour de la palette, on ne tourne pas sur soi-même en tendant les bras. Vingt tours par palette, c'est vingt torsions évitées.
  • Pour le bas de palette : on plie les genoux, on ne se casse pas en deux. C'est là que se prennent les lumbagos.
  • Jamais les doigts entre le film et la charge.
  • Le dérouleur se tient à deux mains, bras près du corps. On ne tire pas le film à bout de bras.

Monter une palette

  • La palette d'abord : planche cassée, clou qui dépasse, dé fendu — on ne monte pas dessus, on la met de côté.
  • Le lourd en bas, le léger en haut. Rien ne dépasse des bords : ce qui dépasse s'accroche et fait tomber la palette.
  • On ne monte pas plus haut que les épaules à la main.
  • On ne grimpe jamais sur une palette ni sur un rack. Jamais, pas même « juste pour attraper ».

Le dispatch et le cutter

  • Lame rétractable uniquement, et rentrée dès qu'on a fini. Un cutter ouvert dans une poche coupe la main qui va le chercher.
  • On coupe en s'éloignant de soi, jamais vers la main qui tient le carton.
  • On ouvre par le dessus, la lame sortie du minimum — la marchandise est juste en dessous.
  • Une lame émoussée force et dérape : on la change, c'est ce qui coûte le moins cher du dépôt.
  • Au dispatch, on alterne les gestes et on travaille à hauteur de hanche quand c'est possible. Rester deux heures penché fait plus de dégâts qu'une charge lourde.
Ce qui doit alerter, et qui ne doit pas attendre

Une douleur qui revient, des fourmillements dans les mains, une gêne qui persiste le soir. Ce ne sont pas des signes de fatigue, ce sont les premiers signes d'un trouble musculo-squelettique. On le dit tout de suite — à ce stade, ça se corrige en changeant un poste. Six mois plus tard, ça s'opère.

La moindre coupure se nettoie et se déclare, même minuscule : un accident du travail non déclaré ne se rattrape pas. Trousse de secours et sauveteur : voir la fiche « Qui appeler quand ça tourne mal ».

Établie le 4 septembre 2026 — dépôt SPE, cellule C2, Saint-Priest.